A propos de la douceur en éducation…

Étrange chose vraiment que de penser la douceur en éducation. Là où nous avons peut-être trop l’habitude de parler de ce qui nous gêne, nous gratte, ce qui est inconfortable dans cette relation particulière qui se veut « éducative ». Une relation qui se définie aujourd’hui au travers l’idée de projet, fait de toute sa complexité (Ardoino, 2000). Un projet fait de contraintes et d’imaginaires, de l’arsenal juridique de ses intentions, de sa volonté d’agir pour tous et avec tous. Un projet qui est appareillé de tout son attirail programmatique, d’évaluation, de contrôle. Et puis l’autre, celui qu’il faut éduquer se tient là devant nous. Fort et fragile de toute son histoire, de ses failles fondatrices (Cifali, 2005), de ses brisures, de son corps plein des marques d’une vie entre institution et morcellement. Un méli-mélo de maux, de non-dits qui s’enchevêtrent les uns sur les autres fabriquant un être attirant et étrange à la fois.

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