Gestalt-Thérapie

Qu’est-ce que la Gestalt-Thérapie ?

Frederick S. Perls, médecin psychiatre, psychanalyste, a commencé à élaborer la Gestalt-Thérapie aux environs des années 1942. Grâce à la collaboration d’une équipe New-Yorkaise constituée en particulier de Laura Perls et de Paul Goodman, les bases théoriques de la méthode sont établies en 1951 sur les fondements psychanalytiques, phénoménologiques et existentielles.

La Gestalt-Thérapie accorde une place centrale à l’expérience telle qu’elle se construit dans la situation thérapeutique. À partir du récit de soi, de l’histoire, des situations qui font souffrir, l’attention est portée au manifestation affective et émotionnel que le récit provoque. Le thérapeute s’accorde au patient, afin de mieux soutenir les façons d’être, les formes, les Gestalt à l’œuvre. Nous nous intéressons à la qualité de présence, aux absences aussi, aux différents mouvements qui apparaissent en situation. Une personne n’existe jamais indépendamment du monde dans lequel elle vit. Nous sommes continuellement affectés par notre environnement, par les autres, par notre histoire et par les expériences que nous traversons. En retour, nous agissons sur ce monde et contribuons aux situations dont nous faisons partie.

C'est dans cet entrelacement entre soi, les autres et le monde que la Gestalt-thérapie situe son travail.

Partir de ce qui se passe

En séance, nous pouvons bien sûr partir d'un événement : un conflit, une séparation, une difficulté professionnelle, une relation qui fait souffrir, une angoisse, un sentiment de solitude ou simplement l'impression que quelque chose ne va plus comme avant. Mais plutôt que de considérer ce récit comme un contenu qu'il faudrait immédiatement expliquer ou interpréter, je propose de prendre le temps de le déplier. Que se passe-t-il lorsque vous racontez cette situation ? Quelles émotions apparaissent ? Qu'est-ce qui se manifeste corporellement ? Qu'est-ce qui semble évident et qu'est-ce qui, au contraire, reste confus, contradictoire ou difficile à nommer ?

Nous pouvons nous arrêter sur un mot, une sensation, un silence, une hésitation. Revenir à un moment précis. Explorer une autre manière de dire ou de ressentir ce qui est là.

La thérapie devient alors un espace où l'expérience peut progressivement prendre forme.

Une thérapie de la relation et de la situation

Le thérapeute n'est pas extérieur à ce qui se passe. Sa présence, son écoute et ses propres résonances participent à la situation thérapeutique.

Cela signifie que je peux parfois partager ce qui m'affecte dans notre rencontre : une impression, une émotion, une interrogation, un mouvement qui apparaît dans la relation. Non pas pour dire à votre place ce que vous vivez, mais pour mettre cette résonance au travail avec vous.

Qu'est-ce que cela produit entre nous ? Qu'est-ce que cela vient éclairer ? Que pouvons-nous découvrir à partir de là ?

La relation thérapeutique devient ainsi un lieu d'expérience. Certaines manières habituelles d'entrer en relation peuvent y apparaître : se protéger, se conformer, éviter le conflit, chercher à satisfaire l'autre, ne pas parvenir à demander, prendre beaucoup ou très peu de place…

Il ne s'agit pas de considérer ces manières d'être comme des défauts à corriger. Elles se sont construites dans une histoire et dans certaines situations. Elles ont souvent eu — et peuvent encore avoir — une fonction. Le travail consiste davantage à comprendre comment elles prennent forme aujourd'hui, ce qu'elles permettent, ce qu'elles empêchent et si d'autres manières de faire peuvent progressivement devenir possibles.

La Gestalt-thérapie propose alors de ne pas seulement chercher à comprendre, mais d'éprouver, d'explorer et de mettre au travail ce qui se présente dans la rencontre thérapeutique.

Faire apparaître ce qui était resté en arrière-plan.
Donner une forme à ce qui était confus.
Mettre des mots là où ils manquaient.
Éprouver autrement une situation connue.
Et parfois découvrir qu'une autre réponse devient possible.

C'est peut-être là que je situerais le cœur du travail thérapeutique : non pas conduire la personne vers ce qu'elle devrait devenir, mais créer avec elle les conditions pour que son expérience puisse se déployer, se transformer et retrouver de nouvelles possibilités.

Retrouver de la créativité dans sa manière d'être au monde

La créativité dont il est question ici n'est pas une qualité artistique. Elle désigne notre capacité à inventer des réponses ajustées aux situations que nous rencontrons.

Lorsque nous souffrons, cette capacité peut se réduire. Une même réponse s'impose alors dans des situations pourtant différentes : éviter, contrôler, se taire, s'adapter, s'isoler, attaquer, renoncer…

Le travail thérapeutique permet d'explorer ces manières de faire sans les juger, mais aussi de faire l'expérience d'autres possibilités.

Peu à peu, il devient possible de retrouver du choix là où il semblait ne plus y en avoir.

Cette conception rejoint en arrière-plan la pensée de Maurice Merleau-Ponty : nous ne sommes pas des consciences isolées observant le monde de l'extérieur. Nous sommes des êtres incarnés, engagés dans un monde que nous percevons, qui nous affecte et auquel nous répondons.

La thérapie ne consiste donc pas seulement à mieux « se connaître ». Elle peut permettre de transformer progressivement notre manière d'être en relation, de percevoir une situation et d'y prendre part.

À qui s'adresse la Gestalt-thérapie ?

Adultes, adolescents, couples, groupes…

Quand nous avons l’impression que les choses se répètent, se resserrent, qu’il n’y a plus d’issue, quand seul nous n’y arrivons plus.

Quand nous traversons une période de souffrance, de changement ou de questionnement : difficultés relationnelles ou affectives, séparation, deuil, anxiété, perte de confiance, sentiment de solitude, épuisement, difficultés professionnelles ou familiales, moments de transition et bouleversements de l'existence.

Comment ?

Le travail et les modalités de la thérapie s'ajustent à la personne, à ce qu'elle traverse et à la situation dans laquelle elle se trouve. Toutes les modalités d’accompagnement peuvent être discuter entre le thérapeute et son patient.

Une séance dure une heure en principe une fois toutes les deux semaines. Le rythme peut être discuter avec le thérapeute en fonction des besoins de chacun.